Surpopulation carcérale : nouveau record

 

 

Selon les chiffres officiels de la Chancellerie publiés mardi 31 mars, les prisons françaises comptaient 87 126 détenus au 1er mars, soit un taux de surpopulation carcérale tristement inédit de 137,5 %. Il atteint même 168,4 % dans les maisons d’arrêt, affectant ainsi en priorité les personnes en détention provisoire, juridiquement présumées innocentes.

 

Cette situation, qui vaut à la France d’être régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme, est dénoncée de longue date par la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté. Dominique Simonnot alerte ainsi sur ces conditions de détention indignes et contraires aux exigences fondamentales de l’État de droit, qui font aujourd’hui de la prison un « service public en état de désintégration ».

 

Dans le même temps, notre Garde des Sceaux continue pourtant de défendre la ligne du tout carcéral, perçue comme seul gage d’une réponse pénale adaptée, en dépit des études démontrant l’inefficacité des courtes peines, en raison notamment de l’effet désocialisant qu’elles impliquent.

 

Gérald Darmanin a ainsi affirmé vouloir que la prison soit une réponse plus systématique à la délinquance et propose aujourd’hui une nouvelle réforme de l’exécution des peines – attendue à l’été prochain – permettant la création de peines de prison ultra-courtes de moins d’un mois.

 

C’est vite oublier l’étude d’impact menée par son propre ministère le 7 octobre 2013 concernant les peines planchers – introduites par Nicolas Sarkozy en 2007 – qui concluait déjà que plus les peines étaient courtes, plus les chances de récidive étaient élevées. L’étude relevait à l’inverse que les alternatives à la détention telles que la semi-liberté, le bracelet électronique ou le travail d’intérêt général présentaient une meilleure efficacité avec un taux de récidive dans l’année suivant la fin de peine de 29 % pour les personnes bénéficiant d’un aménagement, contre 37 % pour les détenus.

 

Cette surenchère répressive intenable est allée jusqu’à fait réagir l’ancien Garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, pourtant peu laxiste sur la question, qui n’a pas caché ses critiques envers son successeur : « Je pense que la répression est à l’honneur en ce moment. Des idées, qui étaient notamment portées par Robert Badinter, sont à l’évidence en recul. »

 

 

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